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Défense américaine : aucune urgence à se positionner, selon Bernstein
information fournie par AOF 23/09/2026 à 11:39
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(Zonebourse.com) - La baisse des valeurs de défense américaines commence à faire apparaître des niveaux de valorisation plus intéressants. Bernstein estime toutefois qu'il est encore un peu tôt pour se repositionner franchement sur le secteur. En effet, si les besoins militaires restent considérables et que les carnets de commandes sont au plus haut, l'impasse budgétaire au Congrès prive pour l'instant les titres d'un véritable catalyseur. Selon le broker, les élections de mi-mandat du 3 novembre devraient constituer le prochain rendez-vous important.

Le contraste est saisissant : depuis le début de la guerre en Iran, la plupart des grands groupes de défense ont nettement sous-performé le S&P 500. Avant le conflit, le secteur se payait pourtant 15% plus cher que le marché américain, porté notamment par la proposition de l'administration Trump d'un budget de défense de 1 500 milliards de dollars. Il affiche désormais une décote de l'ordre de 12%.

Pour Bernstein, ce retournement rappelle une règle simple : une guerre ne suffit pas à faire monter les valeurs de défense. Il faut surtout qu'elle débouche sur une hausse durable des budgets. Et c'est justement là que se situe le problème.

Un budget toujours bloqué

En effet, Bernstein n'est pas très optimiste quant à l'adoption des 1 500 milliards de dollars souhaités par la Maison-Blanche. Le projet repose sur environ 1 100 milliards de crédits classiques, auxquels devaient s'ajouter 350 milliards via une procédure dite de "reconciliation". Or cette dernière enveloppe est loin d'être acquise.

Avec une Chambre des représentants en congé jusqu'après les élections du 3 novembre, Bernstein ne s'attend plus à de progrès à court terme. Le Pentagone va fonctionner sous une "Continuing Resolution" jusqu'au 11 décembre. Cette procédure ne permettra pas de reconduire automatiquement les financements exceptionnels accordés en 2026.

Bernstein ne remet toutefois pas en cause la tendance de fond : le projet actuellement examiné à la Chambre représente environ 1 070 milliards de dollars, soit 6% de plus qu'en 2026. Surtout, le broker souligne que les dépenses d'investissement, les plus importantes pour les industriels de la défense, progresseraient d'environ 9%.

Les missiles concentrent les risques

En réalité, les analystes identifient surtout une fragilité du côté des missiles et des systèmes d'interception, car une part importante des hausses de production attendues dépend justement des 350 milliards de dollars de crédits supplémentaires. Le PAC-3 MSE en est l'exemple le plus frappant : selon les calculs du broker, 90% des 13,96 milliards de dollars demandés dépendent de la procédure de "réconciliation".

De même, le THAAD (soit le système américain de défense antimissile conçu pour intercepter des missiles balistiques dans leur phase terminale), l'AMRAAM (le missile air-air de moyenne portée, principalement destiné au combat aérien) et plusieurs programmes de Raytheon et Lockheed Martin sont exposés.

En revanche, les analystes considèrent les grands programmes aéronautiques et navals, comme le B-21, le F-47 ou les sous-marins Columbia et Virginia, beaucoup moins vulnérables à ce risque budgétaire.

Alors que les stocks américains de munitions doivent être reconstitués et que les carnets de commandes des grands groupes ont atteint des records, l'incertitude porte donc moins sur les besoins militaires que sur le calendrier des financements et de la montée en cadence industrielle.

Aucune urgence à se positionner

Le broker relativise par ailleurs le risque lié aux élections. Si certains investisseurs craignent qu'une victoire démocrate ne pèse sur les dépenses militaires, les analystes rappellent que le niveau des dépenses de défense dépend davantage de l'intensité des menaces géopolitiques que du parti contrôlant le Congrès.

Les élections restent néanmoins un rendez-vous important pour les marchés, car elles devraient lever une partie de l'incertitude politique. Dans ce contexte, Bernstein considère qu'il n'y a "aucune urgence" à acheter les valeurs de défense américaines avant le 3 novembre, et considère l'après-élection comme un meilleur moment pour réexaminer le secteur.

L3Harris, seule valeur à "outperform"

Au final, L3Harris est la seule valeur de défense américaine couverte par Bernstein à afficher une recommandation "surperformance". Le broker ramène néanmoins son objectif de 365 à 346 dollars. Concrètement, il met en avant son rendement de free cash-flow et sa valorisation, mais souligne aussi les risques liés à son exposition aux missiles et aux récents changements de management.

Bernstein reste en revanche à "performance de marché" sur les autres grands noms comme General Dynamics (cible abaissée de 421 à 407 dollars), Northrop Grumman (cible réduite de 653 à 620 dollars), Huntington Ingalls (objectif revu de 341 à 327 dollars), RTX (objectif contracté de 232 à 223 dollars) ou encore Lockheed Martin (inchangé à 629 dollars).

Bernstein se montre donc confiant dans les fondamentaux de la défense américaine, mais considère que la visibilité politique et budgétaire est encore insuffisante pour jouer pleinement le secteur. Pour les analystes, le véritable catalyseur viendra désormais de Washington et de sa capacité à transformer ces ambitions en crédits effectivement disponibles.

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 23/09/2026 à 11:39:00.

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